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Nos livres féministes préférés

Parce que je suis devenue consciente de la cause des femmes après des rencontres, mais ce sont mes lectures qui m’ont rendues féministe. Voici mon best-of ! La liste est donc hautement subjective 😉

Cliquez sur les images si vous voulez vous les procurer.

Les romans

Le Pouvoir par AldermanLe pouvoir – Naomi Alderman

Et si les femmes prenaient enfin le pouvoir dans le monde entier ? Aux quatre coins du monde, les femmes découvrent qu’elles détiennent le « pouvoir ». Du bout des doigts, elles peuvent infliger une douleur fulgurante. Et même la mort. Soudain, les hommes comprennent qu’ils deviennent le « sexe faible ». Mais jusqu’où iront les femmes pour imposer ce nouvel ordre ?

À travers plusieurs points de vue, allant du religieux, au politique en passant par les medias, Naomi Alderman dénonce de nombreux problèmes actuels en poussant le schéma d’inversion au maximum. Un récit de science-fiction qui laisse penseuse.

 

Je sais pourquoi chante l’oiseau en cage – Maya Angelou

Ce classique de la littérature américaine raconte l’enfance de Maya Angelou dans l’Amérique des années 60 à travers son éducation avec sa grand-mère maternelle dans le sud des États-Unis. À l’époque où le racisme faisait encore des victimes, cette enfance singulière est marquée par la lecture, sa résilience et la construction de la figure féministe que l’on connait.

Les Manifestes

Les Glorieuses – Rebecca Amsellem

Parmi les militantes dont les voix retentissent, il y a Rebecca Amsellem, économiste et fondatrice de l’association Les Glorieuses. Sorti en avril 2018, son premier ouvrage raconte son quotidien de militante féministe et la croissance de son projet, tout en rendant hommage aux femmes qui l’inspirent, hier et aujourd’hui. Des chroniques qui se suivent sans se ressembler, si ce n’est cette même envie de faire porter sa voix. Dans la continuité de la newsletter hebdomadaire indispensable.

 

 

Nous sommes tous des féministes – Chimamanda Ngozi

À l’origine de ce texte [We Should All Be Feminists], devenu un best-seller, se trouve un discours devenu culte, prononcé à l’occasion d’une conférence TEDx en 2012. Des bribes du plaidoyer ont ensuite été samplées dans une chanson de Beyonce, Flawless, permettant à l’intervention et au texte de Chimamanda Ngozi Adichie de gagner en audience. C’est le ton de l’humour qui domine dans ce discours intelligent sur la force de l’éducation et qui véhicule une vision positive du féminisme.

Extraits : « Partout dans le monde, la question du genre est cruciale. Alors j’aimerais aujourd’hui que nous nous mettions à rêver à un monde différent et à le préparer. Un monde plus équitable. Un monde où les hommes et les femmes seront plus heureux et plus honnêtes envers eux-mêmes. Et voici le point de départ : nous devons élever nos filles autrement. Nous devons élever nos fils autrement.»

Les poétiques

Lait et Miel – Rupi Kaur

3 millions de personnes (!) sur Instagram ne s’y trompent pas. La plume de Rupi Kaur est unique et sait faire passer avec les mots justes des émotions intenses. On ressort de la lecture comme d’une conversation avec une amie proche, à qui on aurait osé parler avec notre coeur. Rupi Kaur est cette amie. Ses textes sont d’une intensité rare.

 

 

 

Salt – Nayyirah Waheed

Lancée avec son compte Twitter et Instagram (près de 800K personnes l’y suivent), Nayyirah Waheed a la plume aiguisée et sait en peu de mots transmettre les émotions les plus fortes et qu’on a toutes vécues. Droit au but, ses mots abordent tous les thèmes de la vie d’une femme, de l’amour de couple à l’amour familial en passant par le sexe, l’amitié et le racisme. Pour l’instant disponible uniquement en anglais, on se laisse porter par la poésie et on ressort plus belle et forte de cette lecture indispensable.

 

Les bandes dessinées

Les Culottées – Pénélope Bagieu

Deux tomes publiés après le succès rencontré sur le blog de la dessinatrice et qui brossent les portraits de 30 femmes incroyables et (parfois) oubliées des livres d’histoire. 30 femmes donc, qui un jour ont eu une influence considérable sur l’égalité hommes-femmes en n’en faisant qu’à leur têtes. 30 portraits inspirants parmi tant d’autres pour faire de nous les Culottées d’aujourd’hui bien sûr! À dévorer sans modestie.

Et les autres

Le second sexe – Simone de Beauvoir

Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne – Olympe de Gouges

Une chambre à soi – Virgina Woolf

Une vie – Simone Veil, dont on a déjà parlé ici

La servante écarlate – Margaret Atwood. Livre le plus lu aux États-Unis en 2017 (!), sans doute grâce à la série éponyme. On vous en reparle bientôt !

 

Vous les avez tous lu ?

D’autres pistes sont  et . Mais surtout  et .

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5 Looks de Rentrée Éthique

Pour la rentrée, c’est l’occasion de se faire une nouvelle tenue!  Pour les fashionistas éthiques que vous êtes, nous vous avons concoctés 5 looks de rentrée aussi stylés qu’accessibles.

Découvrez les sans plus tarder ! Ce sont nos produits coups de coeur de la saison 🙂

Look #1 : Boho Girl

  1. Robe Cassie Sienne – Make My Lemonade – Fabrication en Macédoine – 100% Polyester – 150€
  2. Sac Cassie – WWoW – Fabrication en France – Matières vegan – 79€
  3. Chouchou – Mamamushi – Fabrication en France – Coton – 13€
  4. Sandales à talons – Nae Shoes – Fabrication au Portugal – Matières vegan – 89€
  5. Lunettes – Jimmy Fairly – Fabrication en France – Buy One Give One – 99€

Look #2 : Working Women

  1. Body en coton – Friday’s Project – Fabrication en Espagne – 95% Viscose 5% Elasthane – 17,5€ (vs. 35€)
  2. Cabas en Piñatex® Etta – WWoW – Fabrication en France – Piñatex® – 95€ (vs. 145€)
  3. Mug réutilisable – Ecofee Cup – #ZeroWaste – 400mL – 12,46€
  4. Jupe Alexandra – Les Petites Jupes de Prune – Fabrication à Paris – 100% Polyester – 49€
  5. Derbies Solstice – Minuit sur Terre – Fabrication au Portugal – Simili daim – 125€

Look #3 : Engagée !

  1. Sweat Meuf PowR – Meuf Paris – 85% Coton Bio, 15% Polyester – 49,9€
  2. Semainier 2018/19 – Le Salon des Dames – Liberté, Sororité, Diversité – 19,99€
  3. Totebag « We are all Wonder Women » – WWoW – Fabrication en Inde – Coton bio certifié GOTS – 10€
  4. Pantalon Betty – Carrousel Clothing – Fabrication en France – 100% Viscose – 79€
  5. Sneaker Samo Mustard – Good Guys – Fabrication au Portugal – Suede vegan – 125€

Look #4 : Rock’n’roll

  1. Pull Lesbos Cotton – TwoThirds – Fabrication au Portugal – 100% Coton – 67,20€ (précommande au lieu de 84€)
  2. Short Mexico – Numéro Sept – Tissu fabriqué en France – 95€
  3. Boucles d’oreilles Donna – WWoW – Fabrication en France – Chutes de Piñatex® – 12€
  4. Chaussettes Red Step – Hopaal – Matières recyclées – 14€
  5. Bottines Sundust – By Blanch – Fabrication au Portugal – Simili daim – 165€

Look #5 : Back-to-school

  1. T-Shirt Time for Change – Soslo – Fabrication en France – Coton Recyclé – 44€
  2. Trousse Diana – WWoW – Fabrication en France – Matières Vegan – 29€
  3. Agenda Réutilisable – WhyNote – Effaçable et Réutilisable – 29,90€
  4. Jean Marthe clair – Atelier Tuffery – Fabrication en France – 119€
  5. Pony Oxford Liège – Golden Ponies – Fabrication au Mexique à la commande – $48
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Les recettes fraiches d’été, faciles et vegan

Recettes d'été vegan simples fraiches

Avec les thermomètres qui s’affolent, la fraicheur dans l’assiette est impérative! Voici notre best of, rien que pour vous.

1. Le Gazpacho sous toutes ses couleurs

Le principe d’une soupe c’est de prendre des légumes et de les mixer. L’avantage, c’est qu’en été, c’est plus rapide parce que l’étape cuisson peut être enlevée. Et le résultat est frais et toujours délicieux, et permet de rattraper tous les légumes du frigo! Et de s’amuser avec les couleurs de légumes de l’été. On adore le rouge tomate/poivron, classique mais dont on ne se lasse pas (!). Pour varier, on adoptera le vert courgette/concombre/pois chiches.

© Killing Thyme

Ingrédients :

Gazpacho rouge : tomates + poivron + basilic.

Gazpacho vert : courgette + pois chiches + menthe.

À assaisonner avec huile d’olive + ail + vinaigre + sel/poivre selon vos goûts.

2. La Nice Cream créative

Les recettes ne manquent pas en tapant #nicecream sur Instagram (plus de 610.000 publications!). La base c’est de congeler une banane coupée en petits morceaux, puis de mixer jusqu’à obtenir une consistance aussi crémeuse que la glace. Mais si le processus détaillé est plutôt simple, il faut juste avoir anticipé quelques heures avant de déguster sa nice cream! Et c’est là que se passe la magie de la recette. Une fois la base acquise, à vous la création. Vous pouvez choisir d’ajouter ce qui vous plait : peanut butter, fruits frais, chocolat … selon vos envies !

© TheKitchn

3. Le Smoothie coloré

En mixant les deux premières recettes, on obtient la troisième : le smoothie de fruits! Finalement, c’est comme un gazpacho, mais version fruits. Alors à vous les beaux fruits, le blender et.. dégustez!

Voici notre recette préférée, présentée par Green Kitchen : le super smoothie à la myrtille.

Ingrédients à mixer

100g de myrtilles
125ml d’eau de coco fraiche
1 banane congelée
5cm de gingembre frais, haché
1 citron vert, en jus
2cs de noix de coco déshydratée
1 poignée de noix crues

4. Le Popsicle trop pop

Mixez un peu de toutes les recettes précédentes, et vous obtiendrez un popsicle ! Et en plus, c’est très simple. Il faudra simplement vous munir de moules à bâtonnets de glaces, idéalement en version sans BPA.

© Marie Laforêt

Choisissez votre version : 100% fruits ou avec yaourt vegan.

Pour la première, mixer des fruits avec du jus d’orange. Découper certains en rondelles que vous mettrez sur les parois des moules en déco. Congelez 6 – 8h.

Pour la seconde, mixer 400g de yaourts avec du sirop d’agave, de l’huile neutre et des assaisonnements (par exemple : açaï et vanille – mais à vous de choisir!). Congelez au moins 5h.

Pour les deux : démoulez en passant les moules sous l’eau chaude.

 

Bonnes dégustations et bel été !

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6 Conseils éthiques pour un été de rêve

Conseils pour un été éthique

C’est l’été ! Lorsque le thermomètre monte, on n’a qu’une envie c’est de partir se mettre les doigts de pied en éventail, le plus près possible d’un point d’eau si possible. Plage, bronzage et apéro deviennent les mots d’ordre, qui permettent de distinguer les jours les uns des autres, avant que les siestes ne les fassent complètement disparaitre. Envolées les bonnes habitudes éthiques acquises tout au long de l’année ! Pourtant, pas de vacances pour notre impact écologique! Heureusement, il y a des solutions pour limiter notre impact et augmenter notre plaisir.

1. Moins mais mieux

Les vacances c’est le moment de déconnecter, de prendre du temps pour soi et de savourer chaque instant ! Avec un programme chargé comme son agenda de travail, c’est tout de suite plus difficile. Alors on allège. On ne fait pas 15 villes en 15 jours, mais 4 ou 5. On prend le temps d’être sur place. De voir la vie qui s’écoule. On ralentit, tout simplement. Au final, on se rend compte qu’on est plus reposé, qu’on connait mieux les petites ruelles et qu’on a plus de photos de gens plutôt que celles de monuments. Au lieu d’enchainer les visites, on améliore ses expériences de partage et de convivialité. On fait donc moins, mais on le fait mieux, plus posément.

2. Voyager léger

En commençant par ses bagages : on prend moins d’affaires, et uniquement les essentielles, celles qu’on adore et qu’on va porter sans s’en lasser.
L’idée c’est que tous les objets qu’on emporte au cas où sont généralement inutiles et peuvent se retrouver une fois sur place. Finalement, on n’a besoin que de quelques affaires, même pour un voyage de plusieurs semaines.
Voyager léger permet ainsi de s’alléger l’esprit. On voyage plus tranquille si on sait qu’on n’a rien à perdre dans son sac, qu’on peut le porter pendant plusieurs heures si besoin, et que tout est à portée de main.
Les minimalistes du voyage peuvent faire baisser leur sac jusqu’à 5/6kg. Pour ma part je pense qu’autour de 8kg on a l’essentiel en se faisant plaisir. En n’oubliant pas son passeport, à jour, dans son protège-passeport WWoW bien sûr !

3. Manger local

En vacances, on a plus très envie de cuisiner. Plutôt que des plats tout fait qui remplacent cette corvée, mais déplacent le problème sur la planète et notre intestin, le mieux c’est de s’essayer à la cuisine locale. On fait confiance aux stands de marché qui font le plein, et on n’hésite pas là aussi à manger moins mais mieux en mangeant directement les fruits et légumes sur les marchés. Un bout de pain, quelques tomates fraiches, des tranches d’avocat. Que demander de plus ?
Bien sûr, on a emporté sa paille réutilisable, et ses couverts en bambou pour ne pas laisser de trace derrière soi.

4. Zéro déchet

Le plus gros dilemme c’est bien celui-là. Loin de ses habitudes et n’ayant emporté que l’essentiel (cf. point 2!), on n’a pas tout l’attirail pour éviter une surproduction de déchets. On a parlé de la vaisselle réutilisable, mais il y a aussi l’incontournable gourde sans BPA, et l’originale poubelle de poche en plastique recyclé.
Pour les produits cosmétiques, et dans l’optique d’alléger aussi son sac, on aura emporté un savon qui sent bon, un shampoing solide, et un déodorant solide.
Pour éviter les piqures de moustique, on aura choisi son huile essentielle préférée, et s’il y a eu des ratés, on reste sur des solutions naturelles.

5. Se protéger

On oublie pas de se protéger du soleil, et de protéger les océans en même temps !
D’abord en choisissant une crème solaire vegan éthique. Ma préférence va à celles des Laboratoires Biarritz, découvertes par hasard et dont j’adore l’odeur et la texture fluide. Certifiées Bio, il y a un grand choix d’indices solaires et de format. Dans l’idéal, on la met après la baignade pour éviter la surconsommation !
Pour les lunettes de soleil, on choisit une marque engagée ou éthique. Paris celles présentées par Happy New Green, notre préférence va à Jimmy Fairly qui offre une paire à une personne dans le besoin pour toute paire achetée.
Le soleil est nécessaire à notre fonctionnement, grâce à son apport en vitamine D. Mais une trop forte exposition est la source de problèmes, dont le vieillissement prématuré de la peau. Donc on évite les concours de bronzage et on reste à l’ombre entre 12h et 16h !

6. Souriez !

Maintenant que vous savez comment continuer à être éthique en vacances, vous pouvez relâcher la pression et sourire ! Un sourire ouvre souvent bien des portes et met à égalité. En souriant à un inconnu, il n’est plus un étranger, mais un ami. Le sourire est universel et va au-delà des langues. C’est un signe qui ne trompe pas. Alors, n’hésitez pas à le consommer – sans modération !

Bel été éthique !

6 Conseils éthiques pour un été de rêve

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Merci Simone !

Affiche Merci Simone du collectif éponyme en hommage à cette Grande Dame

Le 8 mars dernier, et à nouveau ce 1er juillet des affiches avec son visage et l’inscription Merci Simone ont fleuri dans les rues des grandes villes, et surtout à Paris. Portées par un collectif artistique, ces affiches voulaient montrer l’importance qu’a eu une femme, Simone Veil, pour tant d’autres, alors qu’elle s’apprêtait à entrer au Panthéon, 5e femme de l’histoire, sur les 78 Personnes qui y reposent.

Une femme au parcours exceptionnel, et qui, à l’époque où seules 40% des femmes travaillaient, a non seulement voulu travailler, mais a surtout engagé tout son temps, sa volonté et son énergie pour les causes auxquelles elle croyait. La loi sur l’IVG le démontre et fait signe de phare dans l’océan alors même que Brett Kavanaugh s’apprête à entrer à la Cour Constitutionnelle aux États-Unis.

N’oublions jamais : ce qui nous semble acquis aujourd’hui, ne l’a pas toujours été, et ne le sera pas toujours à moins que nous le défendions.

Le contexte

Les conditions d’avortement à l’époque

Simone Veil arrive au Gouvernement en 1974 et rapidement le dossier sur l’avortement devient prioritaire, par son urgence. Jusqu’au Premier Ministre, qui l’a pourtant appelée au Ministère de la Santé, Jacques Chirac considère que l’avortement est une question de bonnes femmes. Il ira même jusqu’à dire : « Les femmes se sont toujours débrouillées. Elles continueront à se débrouiller. »

Pourtant, tous les jours des cars partent en direction des Pays-Bas et du Royaume-Unis, où les femmes les plus riches vont se faire avorter. La situation dans les couches populaires est tout autre, et les femmes ont alors recours à des faiseuses d’anges pour des avortements clandestins qui font de nombreux dégâts. Certaines femmes en ressortent stériles, ou mutilées à vie, et près de 5 000 femmes en meurent chaque année. Il faut effectivement se figurer ce que peut avoir comme conséquence d’avorter à l’aide d’une aiguille dans l’utérus…

En 1974, ce sont près de 300.000 avortements clandestins qui ont lieu chaque année. Si beaucoup passent entre les mailles du filet judiciaire, ce n’est pas le cas de toutes.

« La Loi reste la Loi »

La loi en vigueur à l’époque, répressive, date de 1920. Elle avait été passée avec l’objectif de relancer la natalité dans un contexte d’après-guerre. Ces lois réprimant l’avortement atteindront leur paroxysme dans les années 1940, sous Vichy, et notamment en 1943, lors de la fameuse affaire Marie-Louise Giraud, faiseuse d’anges, guillotinée pour avoir aider à avorter.

Pourtant, en 1967 est votée la Loi sur la Contraception par Lucien Neuwirth. En 1971, Le Nouvel Obs publie le Manifeste des 343 femmes qui reconnaissent avoir avorté, parmi lesquelles des célébrités telles Catherine Deneuve ou Françoise Sagan. En 1972, la réussite de la défense de Marie-Claire par Gisèle Halimi dans le procès de Bobigny complète l’espoir d’un changement de la loi.

Mais en 1973 l’Assemblée Nationale vote contre projet de loi porté par Jean Taittinger, alors même qu’il était plus prudent, et ne portait que sur les cas d’avortement qui présenteraient un cas de danger pour la mère. Le projet est alors peu soutenu par le Président Georges Pompidou.

On voit donc que si la société change, le changement de société nécessite l’implication des pouvoirs publics. En 1974, alors que Simone Veil prépare sa loi, tout le monde se prépare à la bataille juridique.

La préparation de la bataille : Écouter les parties prenantes

En comparant les législations Simone Veil comprend la nécessité que la femme reste la seule décisionnaire, et qu’elle ne doit pas avoir à passer par une Commission qui examinerait son cas, comme cela se fait ailleurs

Lors de discussions religieuses ensuite, elle réalise que le problème touche large, jusque dans le milieu catholique.

La campagne « Laissez-les vivre » débutée l’année précédente, avec le projet de loi Taittinger, recommence avant même que le contenu de la loi soit divulgué. Les autorités religieuses veulent alors se distinguer de ces mouvements liés à des extrémistes et vont coopérer. Elles insistent sur l’importance que la  liberté de conscience doit être préservée et que personne ne soit obligé à pratiquer l’IVG.

Enfin, en consultant le Planning Familial et les médecins, Simone Veil comprend la détresse des femmes et surtout les dangers des avortements sauvages.

Dans la société post-mai 1968 on pourrait croire que la société a changée, mais le milieu médical reste très conservateu et accueille froidement la Ministre de la Santé. Elle présente le triple défaut d’être une femme, favorable à l’IVG, et d’être juive.

La bataille : Unir au-delà des différences

La bataille publique

À peine le texte déposé, une minorité de l’opinion très efficace se déchaine. Simone Veil raconte, dans son autobiographie, les lettres abominables d’une extrême-droite catholique et antisémite, en décalage avec la société, qu’elle reçoit. Elle comprend leur douleur et souligne : « Les changements de société s’effectuent toujours dans la douleur. »

Simone Veil doit également faire avec les attaques personnelles et il n’est pas rare qu’elle retrouve des croix gammées dans sa rue, ou qu’elle reçoive des injures en pleine rue. On ne peut qu’imaginer la difficulté de ces attaques pour une rescapée de la Shoah. Forte de caractère, et convaincue de là où elle va, elle tient bon.

Au fur et à mesure que la présentation à l’Assemblée se rapproche, le stress monte. En effet, à la même époque des médecins ayant pratiqué l’IVG se font assassinés aux États-Unis. Un dernier coup de théâtre, le Président du Conseil de l’Ordre des Médecins se dit totalement opposé au projet de loi.

 

La bataille politique

Le 26 Novembre 1974 Simone Veil ouvre le débat à l’Assemblée Nationale et a cette phrase restée célèbre : «Je voudrais tout d’abord vous faire partager une conviction de femme. Je m’excuse de le faire devant cette Assemblée presque exclusivement composée d’hommes : aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l’avortement. Il suffit d’écouter les femmes.» Et en effet, seulement l’Assemblée ne comporte que 9 femmes sur 490 députés !

S’en suivent 3 jours de débats intenses, avec certaines prises de paroles qui vont jusqu’à la diffamation, et pour lesquelles les soutiens seront d’une importance capitale : Valérie Giscard d’Estaing, Jacques Chirac, Michel Poniatowski, et les médecins dirigeant les commissions parlementaires vont soutenir Simone Veil. Le soutien du parlementaire Eugène Claudius-Petit sera également décisionnaire selon Simone Veil. Choisissant la compassion face à ses convictions, le cas fait école, de la même manière que son opposition à la loi Taittinger avait joué dans l’échec du projet de loi en 1973.

 

La force de la rhétorique

Le discours du 26 Novembre 1974 de présentation de la loi à l’Assemblée Nationale est resté mémorable, car Simone Veil est parvenue à parler à tous, en évoquant les craintes de chaque groupe, mais en insistant sur le besoin de légiférer compte tenu du désordre créé par les milliers d’avortements clandestins annuels. Elle tient une ligne claire, qui n’a pas pour but d’inciter à l’avortement, mais bien de sortir les femmes de la détresse. « C’est toujours un drame, et cela restera toujours un drame.»

Finalement, après 25h de débat, c’est entre 3 h 30 et 4 heures du matin, dans la nuit du 28 au 29 novembre, que la loi est votée par 284 voix contre 189. Un tiers des voix de droite et la totalité des voix de gauche.

Unir au-delà des différences

Cette loi a d’autant plus marqué l’histoire qu’il s’agissait d’une loi de gauche dans un gouvernement de droite. Cela montre combien Simone Veil a eu la force d’affirmer ses convictions, au-delà des étiquettes, et avec une intelligence exceptionnelle ! Elle a réussi à comprendre les différents, les prendre en compte mais au final les dépasser pour aller au-delà et servir une cause supérieure. Ce qu’elle continuera de faire toute sa vie, aussi bien en tant que première Présidente du Parlement Européenne, qu’au Conseil Constitutionnel.

N’oublions jamais : ce qui nous semble acquis aujourd’hui, ne l’a pas toujours été, et ne le sera pas toujours à moins que nous le défendions. Simone Veil, qui s’est toujours engagée pour la Mémoire de la Shoah, ne cessait de le rappeler. Sa mémoire doit continuer de nous le rappeler.

Parcours exceptionnel à femme exceptionnelle au caractère certes fort mais qui ne faisait pas de compromis et qui n’a pas oublié pour autant sa vie de famille. Un modèle pour tous, femmes. Et hommes.

Merci Simone !

Merci Simone !