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Quand la Haute Couture se transforme : Fourrure or not fourrure ?

Temps de lecture estimé : 5 minutes

La haute couture, reflet de la société

« La mode n’est pas quelque chose qui existe uniquement dans les vêtements. La mode est dans l’air, portée par le vent. On la devine. La mode est dans le ciel, dans la rue »
– Coco Chanel.

La mode est toujours le reflet de son époque, elle évolue et se transforme avec le temps. Elle s’inspire continuellement du luxe et de la haute-couture, puisant sa source d’inspiration dans la société et s’adaptant en fonction. Au cours des cinquante dernières années, la haute-couture a dû s’adapter à de nombreux changements sociétaux. De la digitalisation du monde de la mode, en passant par la recherche de pratiques de consommation plus durables, le monde de la haute-couture est en pleine transformation. C’est aujourd’hui de la problématique de la fourrure dont nous allons parler : Fourrure or Not Fourrure, that is the question.

Image du monde ancien de la fourrure

La fourrure : une mode qui préoccupe

L’utilisation de la fourrure à des fins vestimentaires remonte à la préhistoire, lorsqu’elle était une manière bon marché pour se protéger efficacement du froid. Mais l’utilisation de la fourrure a été reprise par l’industrie du luxe, comme symbole de richesse. Des simples manteaux avec une capuche doublée en fourrure qui valent quelques centaines d’euros, aux manteaux Fendi (dont le double F du slogan signifie « Fourrures Folles ») qui en coûtent plusieurs milliers, la fourrure est devenue progressivement une marque extérieure de luxe.

Mais depuis les années 1970, des associations cherchent à mettre en lumière les conditions de vie désastreuse des animaux vivants dans les centres de fourrure. Non respect des conditions d’hygiène, confinement dans des espaces très réduits, automutilation, cannibalisme… Commencent alors les campagnes médiatiques visant à sensibiliser un maximum de personnes à la barbarie de l’industrie de la fourrure, et à faire basculer l’opinion publique sur la question. L’objectif était de créer un rejet total de la fourrure. La plus célèbre campagne restera sûrement celle de PETA de 1994 : « We’d rather go naked than wear fur » (« Je préfèrerais être nue plutôt que porter de la fourrure »). Dans cette image célèbre, un ensemble de mannequins, comme Naomi Campbell, posaient nues pour défendre la cause animale. Celle-ci a quand même continué à défiler avec de la fourrure quelques années après cette campagne de sensibilisation.

Archives INA montrant le shooting photo de la campagne PeTA – une pépite !

C’est dans ces années que le combat anti-fourrure prend réellement son essor. Des militants se regroupent pour manifester contre la fourrure, ils se jettent sur scène pendant des défilés avec des pancartes accusant les acheteurs de fourrure d’être des meurtriers… Pourtant rien n’y fait. Et les marques de haute couture continuent à produire et à commercialiser des vêtements à base de fourrure.

Campagne de PeTA en 1994 contre la fourrure

Une « prise de conscience » récente dans le mode de la haute couture

La question de la fourrure n’a jamais autant fait couler d’encre qu’au cours de ces dix dernières années. Certains créateurs ont toujours été contre la commercialisation de la fourrure à des fins vestimentaires, à l’instar de Stella McCartney. Mais nombreux sont ceux qui assimilaient la fourrure à l’élément suprême du luxe. Par exemple, la maison Jean-Paul Gaultier avait toujours défendu la fourrure d’élevage. Lorsque des militantes anti-fourrures se jetaient sur le podium au cours des défilés dans les années 1990, la sécurité avait pour ordre de les faire descendre de scène, en les enveloppant au préalable d’un manteau de fourrure.

Comment sensibiliser rapidement l’opinion publique à une question sociétale qui pose problème ?

Cette question se pose dans les années 2000, et la réponse est simple : internet. L’information y circule rapidement. Chaque action de chaque couturier et de chaque maison de haute couture peut donc rapidement être remise en cause. En conséquence, les marques de haute couture n’ont plus vraiment le choix. Elles doivent se plier aux revendications des internautes et des consommateurs. Pour reprendre l’exemple de la maison Jean-Paul Gaultier, des militants ont appelé à un boycott des produits, et notamment des parfums qui représentent une grande partie de son chiffre d’affaire, tant que la branche haute couture de la maison n’arrêtait pas de commercialiser de la fourrure animale. Résultat : Jean-Paul Gaultier a annoncé en novembre 2018 l’arrêt total de l’utilisation de la fourrure animale, et de cuir.

Il est loin d’être le seul.

Fur_I'm out of that_Donatella
Donatella Versace contre la fourrure

Fur? I’m OUT of that !

Face aux manifestations, boycott, pétitions, ou mails des militants, de nombreuses maisons de haute couture se positionnent contre la fourrure animale. Balenciaga, Calvin Klein, Gucci, Frank Sorbier, Versace et bien d’autres encore… Et comme la fast fashion s’inspire de la haute couture, des marques de prêt-à-porter, comme Naf-Naf, Camaïeu ou Adidas, s’affirment, elles aussi, contre la fourrure animale.

On ne saurait savoir si les maisons de haute coutures agissent vraiment en raison de considérations éthiques ou morales, ou pour des raisons marketing. Dans tous les cas, à la question Fourrure or Not Fourrure, la haute couture se met doucement mais sûrement à répondre : « Not Fourrure ».

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We Want Sex Equality!

L'histoire du combat pour l'égalité salariale qui a changé la place des femmes dans la société.

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Qu’on se le dise, l’égalité salariale est un droit fondamental de nos sociétés ! Et même s’il est loin d’être appliqué partout, rares sont ceux qui se risqueraient à affirmer que, à travail égal, les femmes devraient être moins rémunérées que les hommes. Et pourtant, il n’y a pas si longtemps, cette thèse était publiquement revendiquée. Parmi les raisons invoquées : le manque de considération pour le sexe féminin autant que des raisons économiques. On disait par exemple que payer les femmes autant que les hommes mènerait à la faillite … !

C’est l’histoire de cette lutte au Royaume-Uni dont nous allons parler aujourd’hui.

Un combat historique

La loi statuant cette égalité (Equal Act Pay) a été votée en 1970, à la suite d’un mouvement social dans l’usine Ford à Dagenham. L’histoire est racontée dans le film We want Sex Equality, sorti en 2010. Mais il pourrait tout aussi bien sortir aujourd’hui, dans la vague des nombreux films « Girl Power » que l’on voit à l’affiche. Je l’ai personnellement vu à l’occasion d’un ciné-débat ce jeudi 7 mars 2019.

On exige un salaire reflétant notre boulot_We Want Sex Equality
« On exige un salaire reflétant notre boulot » image extraite du film We Want Sex Equality

Les ouvrières de Dagenham assemblent toute la journée des tissus entre eux pour confectionner les banquettes des voitures Ford, travail pour lequel elles sont diplômées mais pour lequel elles sont nettement moins rémunérées que les hommes. Aidées par un délégué salarial féministe, elles vont dans un premier temps demander à leurs supérieurs hiérarchiques de prendre leur requête en considération. Face à leur indifférence, l’héroïne du film, Rita O’Grady, met en place un mouvement de grève, suivi à l’unanimité par ses collègues. Mais ce mouvement de grève aura des répercussions bien plus larges et importantes que tout ce qu’elles auraient pu imaginer…

Le début de la grève marque le point de départ d’un film très rythmé, dans lequel les scènes se succèdent rapidement, ce qui ne pousse certes pas à une profonde réflexion, mais qui montre très bien la spontanéité et le passage à l’action de ces femmes qui se battent pour leurs droits. Le sentiment d’injustice qu’éprouvent ces ouvrières est parfaitement transmis à travers l’écran et donne envie de venir se battre à leurs côtés.

Derrière la lutte salariale, des enjeux sur la place des femmes dans la société

De nombreux aspects concernant les inégalités hommes-femmes sont abordés tout au long du film. On retrouve ainsi les problématiques du travail des femmes, et la considération accordée à celui-ci, aussi bien financièrement que psychologiquement.

Mais d’autres enjeux sont également soulevés. Ainsi la prise de parole et l’affirmation des femmes sont présentées à travers l’héroïne, lorsqu’elle tient tête, pour la première fois, à ses supérieurs hiérarchiques mais aussi aux ouvriers masculins, qui se plaignent de ne pas pouvoir travailler par sa faute. Également la répartition genrée des tâches au sein de la famille, mettant en lumière une certaine soumission des femmes dans leur foyer. Il est d’ailleurs très clair que le mari de l’héroïne, qui se montre dans un premier temps encourageant vis-à-vis de sa femme, finit par se plaindre de la remplacer à la maison et par demander une reconnaissance qu’il n’avait jamais envisagée pour sa femme.

Le dernier aspect intéressant du féminisme qui est traité dans ce film est la culpabilisation permanente des femmes, tout autant critiquées par les ouvriers, mis au chômage technique à cause de la grève, que par les représentants syndicaux qui méprisent leur combat.

Un combat politique

Les ouvrières se battent également contre le gouvernement qui ne souhaite pas prendre parti dans ce conflit, par crainte d’une fermeture des usines britanniques de Ford. Elles ont pourtant une alliée dans ce gouvernement, dans la figure de la nouvelle ministre de l’emploi de l’époque, Madame Barbara Castle, ce qui va leur permettre de mener leur combat jusqu’au bout, car celle-ci leur apportera un soutien indéniable

En définitive : un film très inspirant et positif, plein d’espoir quant au combat féministe. À voir impérativement en ce mois de mars suivant la Journée Internationale des Droits des Femmes !

Juliette S.

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Elles l’ont fait : Changer de voie

Elles l'ont fait : changer de voie. Avec The Friendly Kitchen

Temps de lecture estimé : 19 minutes

Pour inaugurer cette série de parcours de Wonder Women sur le blog, j‘ai été ravie d’interviewer Fanny. Plus connue sous le nom The Friendly Kitchen sur les réseaux sociaux, Fanny, 30 ans, est cheffe vegan à Paris, et est en train de monter son propre restaurant dans la capitale!

Qu’est-ce que tu faisais avant?

J’ai fait une classe prépa éco, et une école de commerce. Du coup j’ai eu un master en marketing en stratégie des entreprises, spécialisé luxe. À la sortie de l’école j’ai travaillé 5 ans dans le milieu de la mode comme chef de produit développement sur les accessoires. Je faisais la mise au point des prototypes, le suivi des fournisseurs, la négociation des prix, la recherche de matières. Donc ni vegan, ni cuisine. Rien à voir.

Qu’est-ce qui t’as poussé à monter ce restaurant?

C’est plus un aboutissement qu’un chemin tout droit. Déjà, adolescente ou étudiante, je pense que je savais qu’à terme j’aurais envie de créer mon entreprise mais je ne savais pas trop quoi. En tous cas, ce n’était pas quelque chose qui me repoussait. J’avais aussi envie de cuisiner. À force d’expériences je pense que c’est devenu plus clair que j’avais une vraie envie de créer une entreprise et de créer un restaurant. Mais même cette idée je pense que je ne l’ai visualisée qu’il y a 4 ans, et il s’est écoulé encore 2 ans avant que je me dise “il va peut-être falloir que je fasse quelque chose dans ce sens là”. Donc je ne peux pas dire qu’un jour je me suis levée en me disant “je vais monter mon restaurant”. Il s’est passé beaucoup d’années avant que je me lance dedans.

Portrait Fanny The Friendly Kitchen
Fanny va ouvrir son restaurant à Paris, The Friendly Kitchen

Quelles ont été les étapes de ta réflexion? Qu’est-ce qui a fait que tu as changé de voie?

Quand je me suis dit que c’était ce que j’avais envie de faire, la première étape ca a été de passer du temps à cuisiner chez moi et pas juste “j’aime bien cuisiner et ce serait cool d’avoir un restaurant”. C’est devenu un loisir le week-end de m’amuser à créer des plats, à faire des recettes, d’y passer de plus en plus de temps pour voir si ça me plaisait. Après, j’ai créé un compte Instagram et un blog parce que, justement, le fait de partager avec les gens me poussait à innover et à partager de nouvelles choses. Comme je ne peux pas poster 4 fois la même photo dans la semaine, ça m’a poussé davantage à cuisiner. À partir de là, l’étape d’après a été de contacter les restaurants pour faire des extras. Et je pense que c’est là vraiment où est venu le déclic. Parce que les premiers extras que j’ai fait je me suis tout de suite dit “j’aime trop! Je suis mille fois mieux que derrière mon ordinateur! ». C’était assez évident, et c’est à partir de là que je me suis dit vraiment que je voulais en faire mon métier.

Finalement tu as beaucoup mûri le projet dans ta tête et une fois que c’était prêt, tu étais sûre et prête à en parler.

Oui, tout à fait Je n’aimais pas du tout de ne pas leur dire et ne pas leur en parler, mais finalement je pense que c’était mieux dans le sens où je leur ai présenté un projet réfléchi et pas sorti de nulle part. Ce qui les a rassuré c’était le fait que je commence à faire des extras en parallèle de mon ancien boulot donc que je mette déjà un pied dans le milieu, et que ça me permette de me former.

Ce qui était compliqué c’est qu’en étant vegan il n’y a pas de CAP Cuisine ou Pâtisserie vegan. Et je n’avais pas du tout envie de retourner à l’école pour vider ou découper du poisson et de la viande, ni même apprendre la pâtisserie avec les oeufs. Si c’était pour ensuite désapprendre et refaire les choses différemment, je ne voyais pas trop l’intérêt. Je préférais me former sur le tas dans des restaurants. Je pense que ça a rassuré mes parents. Je multipliais les expériences, j’apprenais et j’avais pleinement conscience du milieu dans lequel je mettais les pieds. Ce n’était pas “je quitte mon boulot dans la mode et pouf! Du jour au lendemain je monte mon entreprise”. Ça s’est fait quand même en presque 2 ans.

Exemple des tapas que proposera Fanny dans son futur restaurant : Frites de patates douces & polenta, sauce tahini au paprika fumé – Brochettes de tofu caramélisé au gingembre & sauce satay – Houmous aux poivrons rouges grilllés & zaatar, pickles

Comment est-ce que tu t’es décidée à chaque fois à changer et à avancer?

Tous les extras au début c’est parce que je cherchais vraiment ce qui était disponible et des lieux très différents. Le but c’était de voir le maximum de cuisines et de restaurants possibles. Déjà parce que chaque chef a une manière de travailler différente. Je réalisais mieux que “telle cuisine c’est l’horreur de travailler dedans”. De voir ce qui était à faire, et à ne pas faire en restauration. Et d’apprendre auprès de personnes qui ont des profils très différents. Ca allait de quelqu’un qui avait 10 ans d’expérience en cuisine et qui venait tout juste de devenir vegan. Du coup il avait l’expérience de la restauration, mais pas du tout de la cuisine végétale. Alors que des autodidactes à l’inverse n’avaient pas de formation, et je voyais bien que l’organisation dans la cuisine était beaucoup moins rigoureuse, mais comme ils étaient déjà vegan ou végétariens, ils avaient une approche différente.

Après j’ai fait 2 postes en CDI. Un premier de 8 mois chez Comptoir Veggie. J’avais choisi ça parce que ça allait ouvrir. Ça me permettait de faire l’ouverture d’un établissement et donc d’apprendre plein de choses. Sans aller dans le détail de tout ce qui est administratif, en cuisine je pouvais gérer plein de choses : la création, les commandes, réfléchir aux prix, à l’organisation, avoir un commis. C’était hyper vaste comme poste avec cette pression de l’ouverture parce que tu sais qu’au début tu bosses beaucoup. C’était une bonne expérience pour ça.

Après ce qui m’a poussé à changer c’était l’envie d’apprendre d’autres choses ailleurs et de continuer d’évoluer. Donc j’ai fait 10 mois chez VG Pâtisserie, la première pâtisserie vegan en France. À l’inverse du premier où j’étais plutôt seule en cuisine et autodidacte, là je rejoignais une équipe installée avec des personnes qui ont des CAP. L’idée c’était d’apprendre auprès de personnes formées, qui ont de l’expérience, et de développer mes connaissances en pâtisserie.

À chaque fois, j’ai appris des choses très différentes que ce soit par moi-même ou par transmission de savoir de l’équipe.

Comment se sont faites ces rencontres? 

Pour les extras j’avais fait la liste de tous les restaurants vegan de Paris. Je leur ai tous envoyé un mail en disant que j’avais envie de me convertir, que je n’avais pas du tout d’expérience mais que j’avais envie d’essayer. J’avais déjà mon compte Instagram, qui me servait de book, et je donnais le lien pour qu’ils puissent voir ce que je faisais. J’ai été assez surprise d’avoir pas mal de réponses parce qu’au final j’ai fait des extras dans 5 restaurants différents. 

Après, les postes que j’ai eu, c’était plus des rencontres, un peu par hasard. Chez Comptoir Veggie, j’avais rencontré la gérante par une amie en commun. Ça s’est fait par hasard, je n’ai pas du tout postulé à un emploi. Pareil pour VG Pâtisserie, je la connaissais à travers une amie en commun. À chaque fois ça a été assez facile et évident de choisir les postes. Avoir des amis en commun ça rassure aussi sur l’endroit où on met les pieds, on a des échos sur la cuisine, etc. C’est un peu plus facile.

Exemple des desserts qui seront à la carte : moelleux orange & sésame, ganache chocolat blanc, caramel à l’orange – crème chocolat & noisette, crumble noisette, poire fraiche & grenade

Tu n’as jamais regretté ta première vie ?

Non.
Pas du tout, du tout. Là, en pâtisserie je me lève à 5h du mat’ car on commence à 6h ou 6h30, c’est hyper fatiguant, et même là je ne regrette pas. Je préfère mille fois me lever et être fatiguée pour aller bosser là-bas, que d’aller en trainant des pieds et faire métro-boulot-dodo. Les horaires étaient plus léger, c’était moins de stress, j’étais mieux payée. Je n’ai jamais détesté mes anciens postes au point de pas vouloir y aller, d’avoir la boule au ventre ou d’être en dépression. Mais ça ne me passionnait pas. À un moment quand on n’est pas passionné, qu’on n’aime pas ce qu’on fait, moi je sentais bien que je faisais moins bien mon travail, que j’étais moins investie. À un moment, même envers soi, ce n’est pas facile à gérer, parce qu’on se dit “je n’ai pas bien fait mon travail”, on se dévalorise. C’est un cercle vicieux. C’était ça l’état d’esprit avant que je quitte mon dernier job dans la mode. Donc non, pas du tout de regrets. Aucun.

Réussir ça veut dire quoi pour toi?

C’est plus lié à l’épanouissement personnel. De se dire qu’on est bien dans nos pompes, et dans notre boulot. C’est assez global. Évidemment on ne peut pas dire que ce ne soit pas du tout lié à une réussite financière. Si on créé un établissement ou une entreprise, il faut que ce soit un minimum rentable, sinon clairement c’est un échec. Donc il y a cette contrainte qui est quand même assez forte, et qui est je pense l’angoisse numéro 1 de n’importe quelle personne qui crée son propre boulot. Mais la réussite, je pense que c’est plus d’être en accord avec soi, avec ses convictions. Ce qui me pesait aussi dans la mode, c’est que c’était complètement à l’opposé de toutes mes valeurs, que ce soit le véganisme ou l’écologie. Parce que ce n’était ni éthique, ni écologique, et même à l’opposé. Je pense qu’il y avait ça aussi qui me poussait à partir. À un moment on fait des choses et on n’est pas du tout en accord avec ça. Ce n’était plus viable.

Marni et Lupin, les deux adorables lapins de Fanny

Quelles sont les valeurs qui te tiennent le plus à coeur?

Je pense en premier le véganisme, mais vraiment au sens premier du terme de l’éthique envers les animaux. Pour moi maintenant c’est devenu évident qu’on est obligés de changer nos modes de consommation et nos manière de vivre pour que ce soit respectueux des animaux et de la nature à plus grande échelle. Pour moi dans la cuisine ça rejoint très vite l’écologie. Je ne vais pas travailler des framboises en plein hiver, je vais essayer d’utiliser un maximum de produits locaux, des produits de saisons, issus essentiellement de l’agriculture biologique. Ça demande de changer ses habitudes alimentaires, entre autres. Mais ça devient assez urgent de le faire. Et c’est vrai que j’ai du mal à concevoir que soit on s’en moque, soit qu’on ne fasse rien au quotidien. Je le vois très bien autour de moi. Tout le monde dit “ah oui, en effet il y a urgence, l’écologie c’est important” et derrière c’est limite si les gens font le tri. Ils ne cherchent pas à consommer bio, ils continuent d’aller chez Franprix et Monoprix sans problèmes pour acheter des trucs hyper emballés dans du plastique, et de la viande.

C’est ça aussi l’idée du restaurant : pouvoir dire que ce n’est pas parce qu’on est vegan et qu’on fait attention à manger des choses produites en Europe et de saison que c’est forcément synonyme de restrictions et que ce n’est pas lié au plaisir. Je pense que le plaisir à table peut très bien passer par un plat vegan et un vin bio français. Ce n’est pas pour ça qu’on n’aime pas manger, qu’on n’aime pas voir des amis, qu’on n’aime pas sortir. Ce n’est pas une contrainte insurmontable. Je n’ai pas l’impression que ce soit un défi immense. Et il y a plein de petits gestes à faire au quotidien et qui peuvent déjà changer plutôt que de se dire “ah non c’est trop compliqué, ça va me coûter cher” et finalement se braquer et se fermer à toute suggestion.

Dans le restaurant j’envisage aussi de faire un effort sur les déchets. En restauration, c’est l’un des premiers piliers du gaspillage alimentaire. Ça passe par une bonne gestion des quantités, mais aussi recycler les cartons des ingrédients. Du coup j’envisage de mettre du linge de table plutôt que des serviettes en papier. D’avoir des pailles réutilisables en inox ou en bambou, qui se nettoient et ne partent pas à la poubelle. Il y a quand même 2-3 petites choses qu’on peut faire sans que ce soit ingérable, même si ça demande des investissements au départ. Comme ma cuisine est de saison, maison, et frais, forcément c’est plus facile parce que des cagettes de légumes, ou du riz que j’achète par 50kg, ça fait moins de déchets. Ça ne sera pas de la conserve achetée chez Metro!

Pour l’eau minérale à table, je vais éviter le plastique et choisir des fournisseurs qui utilisent du verre, ou de l’eau du robinet filtrée. Pour les softs, j’ai cherché des thés glacés, du kombucha, et une autre boisson qui est un mélange de bissap et de jus de pommes français. Et pour les vins, Claire Brachet, qui est spécialisée en vin naturels, bio et végétaliens, va faire la carte dans la même idée avec des vins français en bio-dynamie.

J’essaie de penser tout de la carte des boissons à la carte des plats en étant en accord sur tout.

Riz venere et mousseline de carottes au gingembre
Exemple de plat qui sera proposé dans le restaurant de Fanny : Riz venere et mousseline de carottes au gingembre

Quel impact voudrais-tu avoir sur la société ?

Ça rejoint ce que je disais tout à l’heure. C’est vraiment l’idée que ce n’est pas forcément contraignant de faire attention à ce qu’on mange d’un point de vue éthique et écologique, que ça peut être synonyme de plaisir, qu’on peut être bon vivant, partager à table un bon moment sans se dire qu’on se restreint ou je ne sais quoi. Je pense que les gens ont un peu peur, notamment à l’extérieur. Tous les chefs et les restaurants actuels sont issus de l’ancienne génération, avec ce côté où tu es obligé de faire un CAP et d’être passé commis dans un grand restaurant pour faire tes preuves. C’est en train de changer avec la cuisine végéta*ienne. Comme il n’y a pas de formation, ce ne sont que des autodidactes ou des gens qui se sont formés sur le tas, donc ils ont une vision très différente de la restauration parce que ce n’est plus la même chose. Comme de mieux considérer les gens, ou de ne pas se lancer des casseroles dans les tibias ou se brûler les doigts, parce que c’est signe d’être un super bon cuisinier qui résiste à la chaleur. Il y a plein de choses comme ça qui se passent en restauration. Or, pour les nouveaux chefs vegan, ce n’est pas du tout ce qu’on a connue et qu’on a envie d’instaurer. Donc d’un point de vue humain, c’est en train de bouger. Pour moi, par ma formation, je pense que j’ai aussi des qualités en management ou en gestion d’équipe que quelqu’un qui a fait un CAP à 15 ans, et à qui on n’a pas appris ça. Il y a des valeurs humaines aussi que j’ai envie de transmettre.

Donc si c’était à refaire tu referais pareil ?

Oui. Je le garderais comme ça. Même par rapport au business plan, c’est plus facile quand on a fait une école de commerce. Et même dans mes anciens boulots où j’apprenais à négocier les prix et réfléchir à ma marge, etc. Ce sont des choses qui me servent maintenant, et c’est beaucoup plus facile. Quand je compare à d’autres personnes qui ont monté un établissement, comme elles n’avaient pas ce bagage-là, elles ont dû faire appel à un consultant pour faire le business plan. Il y a quand même des choses qui m’ont aidée. Aussi la maturité je pense. C’est peut-être plus facile à 30 ans de se lancer dans ce genre de projet en ayant déjà eu des expériences. Que ce soit dans la mode ou la restauration, j’ai eu plusieurs employeurs, plusieurs boss, donc à chaque fois il y a des choses à retenir, des choses que j’ai envie d’appliquer d’autres non. C’est un peu plus simple que si je l’avais fait à 20 ans ou 25 ans. Je pense que ça n’aurait pas du tout été la même chose.

Crédit Photo bacididamaglutenfree.com

Est-ce que tu crois qu’il y a un parallèle entre la transition dans l’alimentation vegan et dans la mode ?

Oui je pense. Je ne vois pas comment on peut faire autrement. Avec le recul, j’ai été longtemps pesco-végétarienne, et j’ai du mal à comprendre qu’à l’époque je ne me sois pas posée la question sur “je porte du cuir” ou “je vais mettre une crème qui a été testée sur les animaux”. En fait je pense que dès le végétarisme ce n’est pas cohérent de ne pas réfléchir à ce qu’on porte ou à ce qu’on utilise comme produits. Pour moi c’est une question qui est assez récente, et qui est venue avec le véganisme. Pour les vêtements même d’un point de vue écologique, et avec tous les drames qu’il y a pu y avoir dans les ateliers de confection… ça rejoint ce qu’on disait sur le comportement des gens. Ils se disent “oui c’est horrible la fast fashion et les usines au Bangladesh”, et au final ça ne change rien, ils ne changent pas leur manière de consommer. Je suis encore loin d’être parfaite, parce que parfois je vais acheter mes chaussettes chez Monoprix. Mais pour moi la grosse différence c’est que, plutôt que d’aller en acheter je ne sais pas combien de fois par an, là j’achète que quand j’ai besoin de renouveler quelque chose ou que c’est un vêtement que je n’ai pas. Déjà dans la manière de dépenser c’est plus raisonné.

Comment tu choisis tes tenues? Est-ce que tu adaptes les accessoires à ton look?

Avant, oui. Maintenant, je mets toujours les mêmes bijoux. C’est plus des grigris, des bagues que j’ai l’habitude de mettre. Dans mes vêtements, je n’ai pas encore fini, mais j’ai commencé de désencombrer tout ce que je pouvais avoir. Je le fais par vague, et je revends sur LeBonCoin les vêtements. En fait ma consommation a évolué. Quand j’étais dans la mode, comme tu es entraînée par l‘esprit de groupe, tu va un peu chez Zara toutes les semaines. Alors qu’après, déjà je n’avais plus le salaire pour, et je ne les portais pas. Parce que pour aller au travail ça ne sert à rien de partir en jupe pour mettre mon uniforme derrière. Et maintenant, d’un point de vue écolo, ça me paraît complètement aberrant d’avoir autant de vêtements. Du coup là je suis plus dans ma phase désencombrement et je me rends compte que je mets tout le temps les mêmes choses.

Du coup c’est plus éthique.

Oui. Au début ce n’était pas forcément réfléchi : parce que je n’avais pas envie de faire d’effort, ou quand je m’habillais juste le samedi soir, pas besoin de passer 3 heures à réfléchir à quoi mettre, j’avais le choix parce que je n’avais rien mis de la semaine. Maintenant c’est un peu plus réfléchi. Pour les chaussures par exemple, je vais chercher une marque vegan, et favoriser une marque aussi engagée éthiquement et écologiquement. Forcément c’est des choses que j’achète beaucoup moins souvent. Comme ça représente aussi un budget, ce n’est pas facile.

Quel est ton look préféré ?

J’avoue que maintenant en semaine, je prends le premier pull et jeans qui passe et les baskets. Si je dois m’habiller souvent c’est une robe un peu ample, genre robe chemise, des collants, et des boots un peu rock genre Chelsea boots, et un blouson je dirais. C’est un peu mon uniforme du week-end lorsque je travaille pas. Et le vernis, comme je n’ai pas le droit d’en mettre en cuisine. Je sais que je suis en vacances quand j’ai du vernis à ongles.

Frites de patates douces & polenta, sauce tahini au paprika fumé
Frites de patates douces & polenta, sauce tahini au paprika fumé

Est-ce que tu te considères féministe ?

Euh… Oui.
Je ne me dis pas que dans mon parcours ça a été plus difficile parce que je suis une femme, parce que je pense que j’ai la chance d’avoir grandi à Paris dans un milieu plutôt éduqué. J’ai fait des études, donc on ne m’a jamais fait sentir que ce serait plus difficile d’accéder à un métier ou d’avoir tel poste parce que j’étais une femme. Je pense que je ne me suis même jamais posée la question. Mais je suis consciente que c’est le cas pour beaucoup de personnes, que ce soit en France ou ailleurs. Et je ne considère pas du tout que ça y est, on a progressé, qu’il y a une équité parfaite entre les hommes et les femmes et qu’il n’y a plus besoin de manifester, ou de revendiquer des causes parce que c’est loin d’être acquis en fait. Certes on a progressé, on peut voter, on a le droit à l’avortement…  Mais ce n’est pas le cas partout dans le monde. Même en France il y a de fortes inégalités. Ce n’est pas du tout la même chose d’être dans une grande ville, dans une grande boîte où on n’est pas la seule femme ou d’être dans un petit village au fin fond de la France où la pression sociale sur ce que doit être une femme est peut-être un peu plus forte que dans une grande ville où on est un peu plus libre quand même. Et il y a encore des sujets où est loin d’avoir une vraie égalité. Déjà les salaires. Et en ce moment on parle beaucoup de l’accès aux protections périodiques. Il y a plein de choses qui ne sont pas du tout prises en compte. Oui, clairement je me considère comme féministe.

Est-ce qu’il y a des femmes qui t’inspirent ?

Pas forcément “inspirer”, mais des personnes que je rencontre au fur et à mesure et où je me dis qu’elles sont des bons exemples parce qu’elles ont bien géré leur affaire, ou que je me retrouve dans leur parcours de reconversion. Mon employeure actuelle, Bérénice chez VG Pâtisserie, clairement c’est quelqu’un qui m’a beaucoup aidé, qui m’a poussé à créer mon entreprise. Alors qu’elle aurait très bien pu me laisser gérer mon truc et ne pas du tout m’en parler, en fait on en parle très souvent, elle me demande où j’en suis. Rien que de se sentir épaulée, pas du tout en concurrence, et de pouvoir partager un sujet avec une autre femme qui a fait la même chose, ça me pousse moi à aller plus loin et à aller au bout de mes envies. Ca m’a facilité l’élaboration de mon projet. De la même manière que je n’osais pas le dire à mes proches parce que je me disais qu’il allait falloir que je le concrétise, là le fait d’avoir dit assez vite à mon employeur que j’avais cette envie, même si j’avais déjà mon planning de création d’entreprise, comme elle me relançait, ça m’a vachement boostée. Le fait de l’avoir dit clairement, je me suis dit “allez, il n’y a pas de raisons que je ne le fasse pas”.

Crédit photo : Marine Chapon

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui veut se lancer?

Pour une reconversion, et si on a une idée de ce qu’on veut faire, c’est d’accepter de passer du temps dessus au début. Parce qu’il faut vraiment vérifier que ça nous plait. C’est bien de suivre ses rêves, son coeur, etc. Mais il y a quand même une contrainte dans le monde actuel qui fait qu’il faut arriver à vivre de ce qu’on fait. Ce n’est pas forcément évident de démissionner d’un boulot, et de se dire « je vais aller faire complètement autre chose et on verra ». Je pense que c’est bien au départ d’en faire un loisir, et de s’obliger à y passer du temps. Pour moi c’était les extras le week-end, et en semaine de m’obliger à poster sur les réseaux sociaux pour passer du temps en cuisine, de faire des tests. De vraiment s’assurer que c’est ça qu’on a envie de faire et que c’est pas juste un loisir.

Pour la création d’entreprise, je pense que c’est bien de rencontrer d’autres personnes du milieu, des gens qui sont passés par là. Pas forcément parce qu’on cherche à avoir une information, parce que les informations c’est aussi à nous de les chercher par nous-mêmes. Pour les questions sur la création d’entreprise, il suffit d’aller les poser à la CCI. C’est bien d’être dans une communauté de jeunes qui ont envie de changer les choses. Mais il faut aussi accepter de soi-même passer du temps pour se poser les bonnes questions, chercher les réponses à ses questions. Et après, oui, aller échanger avec d’autres personnes, mais plus pour échanger sur les parcours. Et parce que c’est rassurant de voir qu’il y a d’autres personnes qui réussissent et qu’on n’est pas tout seul à se lancer là-dedans. Dans tous les cas, c’est du temps à passer sur soi et à réfléchir à son projet et à ce qu’on a envie de faire avant de vouloir absolument chercher les expériences des autres ou d’avoir leur avis. Il faut déjà accepter de passer un peu de temps et de réfléchir de son côté aussi.

Quelles sont les prochaines étapes pour toi ?

Là j’ai lancé la campagne Ulule de financement participatif il y a 2 semaines. Il y en a encore pour 1 mois, jusqu’au 13 Avril. Dans 2 semaines je finis mon poste actuel du coup je serai au chômage et je vais pouvoir lancer la création d’entreprise et chercher un local activement. En fait ça devient concret là, surtout maintenant, dans 2 semaines.

 

Merci à Fanny pour cet entretien et ses plats si bons !

N’hésitez pas à participer à sa campagne de financement participatif sur Ulule avant le 13 Avril 23h59http://fr.ulule.com/the-friendly-kitchen/.

Retrouvez la aussi sur InstagramFacebook et sur son blog https://the-friendly-kitchen.com/.

Mi-cuit chocolat et noisette, insert confit de figues, crème anglaise à la vanille, figue fraîche
Mi-cuit chocolat et noisette, insert confit de figues, crème anglaise à la vanille, figue fraîche
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Les 4 bonnes résolutions pour 2019

Comme tous les ans, janvier est le mois des résolutions, février celui de l’essai et mars celui de la résignation. Cette année WWoW vous propose des résolutions, faciles à mettre en œuvre, et qui auront un véritable impact sur la société et sur la planète. Parce que se mettre à faire du jogging n’est pas la seule résolution que vous pouvez prendre pour bien commencer l’année !

Ces quatre résolutions sont les premiers petits pas éthiques et responsables pour diminuer progressivement les conséquences négatives que peuvent avoir nos modes de vie, sans pour autant changer notre quotidien du tout au tout. Chacun.e est libre d’aller à son rythme, et sur le long terme, d’autres pas plus grands peuvent être faits.

1) Se diriger vers une alimentation végétale

Pourquoi ?

L’industrie de la viande pose, aujourd’hui plus que jamais, nombre de questions éthiques et environnementales. Une étude publiée dans Science montre quelques chiffres alarmants. La viande ne représente que 18 % des calories et 37 % des protéines que nous consommons, mais occupe 83 % des terres cultivables et cause 60 % des émissions de gaz à effet de serre qui proviennent de l’agriculture. Quant au bien-être animal, on est très loin de la belle image dans les prés. Les animaux sont généralement traités comme de véritables objets, sans même parler des abattoirs… Si vous ne les avez pas vus, les vidéos sont alarmantes. En France, 83 % des poulets passeront toute leur vie sans jamais voir la lumière du jour.

Que faire ?

Réduire sa consommation de viande est essentiel. L’idéal étant de l’arrêter complètement. Pour commencer, certains optent pour un régime flexitarien, en réduisant leur consommation de viande pour n’en consommer qu’occasionnellement. Changer ainsi son alimentation est aussi bénéfique pour votre santé : réduire sa consommation de viande est recommandé par nombre de médecins et de nutritionnistes. C’est en effet un moyen simple d’avoir un impact positif sur l’environnement, et sur le bien-être animal, sans pour autant radicalement transformer son quotidien !

2) Dire STOP à la fourrure

Pourquoi ?

85 % de la fourrure commercialisée provient d’animaux qui auront passés leur vie dans des centres d’élevage où les conditions de vie sont désastreuses : cages empilées, insalubrité… On ne vous refait pas le tableau, vous connaissez l’horreur de cette industrie macabre. 

Que faire ?

La solution est simple : le boycott. De nombreuses marques se sont déjà engagées à arrêter entièrement l’utilisation de fourrure dans leurs produits. Des marques de luxe d’abord, comme Giorgio Armani, Gucci ou Hugo Boss, puis des marques de prêt-à-porter comme Zara ou Bershka. Sous la pression des consommateurs, de grands défenseurs traditionnels de la fourrure arrêtent d’en commercialiser, comme la marque Jean-Paul Gaultier. Les consommateurs ont donc bien leur mot à dire.

3) Trouver de nouvelles alternatives au cuir

Pourquoi ?

Tout comme la fourrure, le cuir pose des problèmes écologiques et éthiques, mais un nouvel aspect entre en jeu : l’aspect social. Plus de 80 % des ateliers de transformation de peaux animales se trouvent dans des pays en développement, où une partie des employés travaille quotidiennement avec des solvants cancérigènes, et les produits toxiques utilisés dans le processus de traitement polluent les eaux à proximité des sites de production. En 2017, à Dacca, au Bangladesh, les tanneries rejetaient, avant leur fermeture, près de 21 000 mètres cube de déchets toxiques par an dans la rivière voisine aux ateliers. L’équivalent d’environ 7 piscines municipales.

Que faire ?

Aujourd’hui il existe des matières ayant les propriétés du cuir sans pour autant avoir ses défauts. La meilleure alternative éco-responsable qu’on aie trouvé est le Piñatex®, qui provient des fibres de feuilles d’ananas. Cette matière, souple et solide, est nettement moins polluante à produire. Une limite tout de même, car le Piñatex® est produit aux Philippines. Le transport est donc à prendre en compte, même si cette matière reste bien plus eco-friendly que le cuir.

4) Consommer mieux en consommant moins

Pourquoi ?

Depuis 2013 et l’effondrement du Rana Plaza au Bangladesh, la Fast Fashion s’est vue fortement critiquée par l’opinion publique, et à raison. En France une femme achète en moyenne 30 kg d’habits par an et chaque foyer français achète en moyenne pour 114€ par an d’habits qui ne seront jamais portés. N’hésitez pas à regarder des documentaires sur ce sujet comme The True Cost. L’industrie de la mode n’est pas la seule concernée par la surconsommation. Il s’agit donc de faire plus attention à sa consommation en général, pour réduire son empreinte carbone au maximum. Réduire ses déchets, sa consommation d’essence, etc. D’importants progrès sont encore à faire. En France, le gaspillage alimentaire représente 10 millions de tonnes par an, soit un poids équivalent à environ 50 000 baleines bleues (ou à 2 500 millions de chats !).

Que faire ?

Tout est dans le titre de la résolution : consommer moins et mieux ! Il est grand temps de transformer ses paroles en actes, et d’agir conformément à ses valeurs. Pour la mode il existe un ensemble de marques éthiques relevant du domaine social mais aussi du domaine écologique. Certaines sont regroupées sur des plateformes éthiques comme WeDressFair ou Dream Act. Consommer est une manière de montrer ce que l’on soutien : chaque achat a une résonance et des actions simples peuvent avoir un impact bénéfique sur la planète. Acheter des fruits et légumes de saison et de proximité limite considérablement l’impact carbone lié au transport. Si chaque personne s’engage à son échelle et modifie légèrement son quotidien, c’est l’industrie agro-alimentaire qui peut elle-même se transformer petit à petit.

 

Sur ce dernier point, WWoW vous souhaite une excellente nouvelle année, pleine d’engagements éthiques et responsables, année de bonnes résolutions qui donneront lieu à des actes engagés à l’impact réel !

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Idées Cadeaux Noël Éthique

Notre sélection d'Idées Cadeaux Noël éthiques engagés

C’est la dernière ligne droite avant Noël et vous êtes en manque d’idées cadeaux éthiques ? Ne bougez pas, cet article est fait pour vous. Voici notre sélection d’idées cadeaux Noël éthiques à petits prix pour toute votre famille ! Y compris pour les imprévus de dernière minute.. 😉

Pour votre soeur qui voyage tout le temps

Le protège passeport Amazone est parfait! Classique en Noir et Doré, ou funky en Paprika et Doré, vous êtes sûr.e qu’il lui plaira à coup sûr – et qu’elle ne restera pas bloquée à la frontière la prochaine fois !

Protège-Passeport Piñatex Liège Noir Noir Amazone vue compartiment intérieur

Pour votre frère qui perd toujours ses pièces

Le porte-monnaie Candy en Piñatex® Noir est parfait! Non seulement les pièces ne tombent pas, mais votre frère pourra en plus y garder sa carte d’identité- obligation nationale..

Porte-monnaie vegan Piñatex noir Candy

Pour votre cousine girly jusqu’au bout des oreilles

Les boucles d’oreilles Donna seront le détail qui la fera scintiller toute la soirée … et jusqu’au 31 ! Prenez en 2 paires et brillez de concert avec elle 😉

Boucles d'oreilles dorées demi-lunes WWoW vegan en chutes de Piñatex

Pour votre tante trendy et hyper active

Un sac Cassie et elle sera parée pour aller du travail à la soirée en un coup de mousqueton magique! La bandoulière s’enlève et la bande de Liège sera la touche qui la fera ressortir du lot 🙂

Le sac qui apporte la fraicheur du printemps et qui fait pochette, 100% vegan en Doré et Gris Montagnes, fabriqué en France pour l'empowerment des femmes.

 

Pour l’invitée de dernière minute

Vous ne pouvez pas vous tromper avec la trousse Diana ! En microfibres toute douce et intégrant un ikat tissé par une association de femmes artisanes au Cambodge, c’est le succès assuré. Les femmes et les trousses c’est une longue histoire d’amour qui n’est pas prête de s’arrêter.. pour votre plus grand bonheur d’imprévu !
Trousse à maquillage ou trousse fourre-tout elle est adaptable à tous les usages !
Veggie Love loved the Diana Pouch in Gold and Psyched Marine at the ethical fashion show in Berlin