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Quand la Haute Couture se transforme : Fourrure or not fourrure ?

Temps de lecture estimé : 5 minutes

La haute couture, reflet de la société

« La mode n’est pas quelque chose qui existe uniquement dans les vêtements. La mode est dans l’air, portée par le vent. On la devine. La mode est dans le ciel, dans la rue »
– Coco Chanel.

La mode est toujours le reflet de son époque, elle évolue et se transforme avec le temps. Elle s’inspire continuellement du luxe et de la haute-couture, puisant sa source d’inspiration dans la société et s’adaptant en fonction. Au cours des cinquante dernières années, la haute-couture a dû s’adapter à de nombreux changements sociétaux. De la digitalisation du monde de la mode, en passant par la recherche de pratiques de consommation plus durables, le monde de la haute-couture est en pleine transformation. C’est aujourd’hui de la problématique de la fourrure dont nous allons parler : Fourrure or Not Fourrure, that is the question.

Image du monde ancien de la fourrure

La fourrure : une mode qui préoccupe

L’utilisation de la fourrure à des fins vestimentaires remonte à la préhistoire, lorsqu’elle était une manière bon marché pour se protéger efficacement du froid. Mais l’utilisation de la fourrure a été reprise par l’industrie du luxe, comme symbole de richesse. Des simples manteaux avec une capuche doublée en fourrure qui valent quelques centaines d’euros, aux manteaux Fendi (dont le double F du slogan signifie « Fourrures Folles ») qui en coûtent plusieurs milliers, la fourrure est devenue progressivement une marque extérieure de luxe.

Mais depuis les années 1970, des associations cherchent à mettre en lumière les conditions de vie désastreuse des animaux vivants dans les centres de fourrure. Non respect des conditions d’hygiène, confinement dans des espaces très réduits, automutilation, cannibalisme… Commencent alors les campagnes médiatiques visant à sensibiliser un maximum de personnes à la barbarie de l’industrie de la fourrure, et à faire basculer l’opinion publique sur la question. L’objectif était de créer un rejet total de la fourrure. La plus célèbre campagne restera sûrement celle de PETA de 1994 : « We’d rather go naked than wear fur » (« Je préfèrerais être nue plutôt que porter de la fourrure »). Dans cette image célèbre, un ensemble de mannequins, comme Naomi Campbell, posaient nues pour défendre la cause animale. Celle-ci a quand même continué à défiler avec de la fourrure quelques années après cette campagne de sensibilisation.

Archives INA montrant le shooting photo de la campagne PeTA – une pépite !

C’est dans ces années que le combat anti-fourrure prend réellement son essor. Des militants se regroupent pour manifester contre la fourrure, ils se jettent sur scène pendant des défilés avec des pancartes accusant les acheteurs de fourrure d’être des meurtriers… Pourtant rien n’y fait. Et les marques de haute couture continuent à produire et à commercialiser des vêtements à base de fourrure.

Campagne de PeTA en 1994 contre la fourrure

Une « prise de conscience » récente dans le mode de la haute couture

La question de la fourrure n’a jamais autant fait couler d’encre qu’au cours de ces dix dernières années. Certains créateurs ont toujours été contre la commercialisation de la fourrure à des fins vestimentaires, à l’instar de Stella McCartney. Mais nombreux sont ceux qui assimilaient la fourrure à l’élément suprême du luxe. Par exemple, la maison Jean-Paul Gaultier avait toujours défendu la fourrure d’élevage. Lorsque des militantes anti-fourrures se jetaient sur le podium au cours des défilés dans les années 1990, la sécurité avait pour ordre de les faire descendre de scène, en les enveloppant au préalable d’un manteau de fourrure.

Comment sensibiliser rapidement l’opinion publique à une question sociétale qui pose problème ?

Cette question se pose dans les années 2000, et la réponse est simple : internet. L’information y circule rapidement. Chaque action de chaque couturier et de chaque maison de haute couture peut donc rapidement être remise en cause. En conséquence, les marques de haute couture n’ont plus vraiment le choix. Elles doivent se plier aux revendications des internautes et des consommateurs. Pour reprendre l’exemple de la maison Jean-Paul Gaultier, des militants ont appelé à un boycott des produits, et notamment des parfums qui représentent une grande partie de son chiffre d’affaire, tant que la branche haute couture de la maison n’arrêtait pas de commercialiser de la fourrure animale. Résultat : Jean-Paul Gaultier a annoncé en novembre 2018 l’arrêt total de l’utilisation de la fourrure animale, et de cuir.

Il est loin d’être le seul.

Fur_I'm out of that_Donatella
Donatella Versace contre la fourrure

Fur? I’m OUT of that !

Face aux manifestations, boycott, pétitions, ou mails des militants, de nombreuses maisons de haute couture se positionnent contre la fourrure animale. Balenciaga, Calvin Klein, Gucci, Frank Sorbier, Versace et bien d’autres encore… Et comme la fast fashion s’inspire de la haute couture, des marques de prêt-à-porter, comme Naf-Naf, Camaïeu ou Adidas, s’affirment, elles aussi, contre la fourrure animale.

On ne saurait savoir si les maisons de haute coutures agissent vraiment en raison de considérations éthiques ou morales, ou pour des raisons marketing. Dans tous les cas, à la question Fourrure or Not Fourrure, la haute couture se met doucement mais sûrement à répondre : « Not Fourrure ».

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We Want Sex Equality!

L'histoire du combat pour l'égalité salariale qui a changé la place des femmes dans la société.

Temps de lecture : 5 min

Qu’on se le dise, l’égalité salariale est un droit fondamental de nos sociétés ! Et même s’il est loin d’être appliqué partout, rares sont ceux qui se risqueraient à affirmer que, à travail égal, les femmes devraient être moins rémunérées que les hommes. Et pourtant, il n’y a pas si longtemps, cette thèse était publiquement revendiquée. Parmi les raisons invoquées : le manque de considération pour le sexe féminin autant que des raisons économiques. On disait par exemple que payer les femmes autant que les hommes mènerait à la faillite … !

C’est l’histoire de cette lutte au Royaume-Uni dont nous allons parler aujourd’hui.

Un combat historique

La loi statuant cette égalité (Equal Act Pay) a été votée en 1970, à la suite d’un mouvement social dans l’usine Ford à Dagenham. L’histoire est racontée dans le film We want Sex Equality, sorti en 2010. Mais il pourrait tout aussi bien sortir aujourd’hui, dans la vague des nombreux films « Girl Power » que l’on voit à l’affiche. Je l’ai personnellement vu à l’occasion d’un ciné-débat ce jeudi 7 mars 2019.

On exige un salaire reflétant notre boulot_We Want Sex Equality
« On exige un salaire reflétant notre boulot » image extraite du film We Want Sex Equality

Les ouvrières de Dagenham assemblent toute la journée des tissus entre eux pour confectionner les banquettes des voitures Ford, travail pour lequel elles sont diplômées mais pour lequel elles sont nettement moins rémunérées que les hommes. Aidées par un délégué salarial féministe, elles vont dans un premier temps demander à leurs supérieurs hiérarchiques de prendre leur requête en considération. Face à leur indifférence, l’héroïne du film, Rita O’Grady, met en place un mouvement de grève, suivi à l’unanimité par ses collègues. Mais ce mouvement de grève aura des répercussions bien plus larges et importantes que tout ce qu’elles auraient pu imaginer…

Le début de la grève marque le point de départ d’un film très rythmé, dans lequel les scènes se succèdent rapidement, ce qui ne pousse certes pas à une profonde réflexion, mais qui montre très bien la spontanéité et le passage à l’action de ces femmes qui se battent pour leurs droits. Le sentiment d’injustice qu’éprouvent ces ouvrières est parfaitement transmis à travers l’écran et donne envie de venir se battre à leurs côtés.

Derrière la lutte salariale, des enjeux sur la place des femmes dans la société

De nombreux aspects concernant les inégalités hommes-femmes sont abordés tout au long du film. On retrouve ainsi les problématiques du travail des femmes, et la considération accordée à celui-ci, aussi bien financièrement que psychologiquement.

Mais d’autres enjeux sont également soulevés. Ainsi la prise de parole et l’affirmation des femmes sont présentées à travers l’héroïne, lorsqu’elle tient tête, pour la première fois, à ses supérieurs hiérarchiques mais aussi aux ouvriers masculins, qui se plaignent de ne pas pouvoir travailler par sa faute. Également la répartition genrée des tâches au sein de la famille, mettant en lumière une certaine soumission des femmes dans leur foyer. Il est d’ailleurs très clair que le mari de l’héroïne, qui se montre dans un premier temps encourageant vis-à-vis de sa femme, finit par se plaindre de la remplacer à la maison et par demander une reconnaissance qu’il n’avait jamais envisagée pour sa femme.

Le dernier aspect intéressant du féminisme qui est traité dans ce film est la culpabilisation permanente des femmes, tout autant critiquées par les ouvriers, mis au chômage technique à cause de la grève, que par les représentants syndicaux qui méprisent leur combat.

Un combat politique

Les ouvrières se battent également contre le gouvernement qui ne souhaite pas prendre parti dans ce conflit, par crainte d’une fermeture des usines britanniques de Ford. Elles ont pourtant une alliée dans ce gouvernement, dans la figure de la nouvelle ministre de l’emploi de l’époque, Madame Barbara Castle, ce qui va leur permettre de mener leur combat jusqu’au bout, car celle-ci leur apportera un soutien indéniable

En définitive : un film très inspirant et positif, plein d’espoir quant au combat féministe. À voir impérativement en ce mois de mars suivant la Journée Internationale des Droits des Femmes !

Juliette S.

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Made in France : C’est quoi ?

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La mention « Made In France » fait référence à l’origine de la fabrication d’un produit d’une entreprise.
Ces trois petits mots sont devenus un argument de vente clé reflétant les savoir-faire et les valeurs de la France. Selon la représentante du label France Terre Textile « entre 2011 et 2015, le nombre de produits labellisés ’Fabriqué en France‘ a été multiplié par quatre » pour la simple et bonne raison qu’une réelle attente s’est développé chez les consommateurs français. En effet, en 2014, 1 français sur 2 déclarait favoriser le Made in France lors de ses achats contre 39% en 1997.

Mais quelle différence est-ce que ça apporte ?

Un Gage de Qualité

Le made in France c’est déjà un gage de qualité, car cette indication garantit une meilleure traçabilité sur la provenance des matières premières utilisées ainsi que la manière dont elles sont traitées grâce à la transparence de ces entreprises. C’est suite à une crise de confiance des consommateurs concernant la provenance et les conditions de fabrication de différents produits qu’un réel marché s’est ouvert aux entreprises françaises.

En plus d’assurer une production de qualité avec des finitions réussies et un design d’excellence, l’engagement d’une fabrication sur notre territoire permet de préserver le savoir-faire artisanal et industriel français.

C’est un fait : le Made in France rassure.

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De l’ananas dans le sac ?

La première fois qu’on m’a parlé de cuir d’ananas je crois que j’ai haussé les sourcils, du genre « What? ».

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Pincez-moi je rêve, ils sont devenus fous !

yfjvo1mf-fotolia-52283479-subscription-xxlPour moi l’ananas c’est ce beau fruit exotique qui me transporte, rien qu’à y penser, sous les tropiques d’un pays lointain. Je me vois déjà en train de siroter un cocktail tout en savourant des tranches de ce juteux fruit si sucré et bon pour la ligne!

Quelle idée donc d’avoir transformer ce plaisir gustatif en une matière?

Et pourtant.

L’idée est née de la Dr Carmen Hijosa qui a créé la bien nommée entreprise Ananas Anam pour développer sa trouvaille. Ses recherches venaient d’about à une matière non-tissée, faite à partir des feuilles de l’ananas !

Donc oui, il ne s’agit pas du fruit, mais bien des feuilles de la plante du même nom. Jusqu’alors ces feuilles étaient jetées, car considérées comme un « déchet » agricole, sans utilité.

Comment elle a eu l’idée de les récupérer pour les démembrer et les filer en une nouvelle matière ?

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Un Noël éthique !

Conseils pour un Noël éthique
C’est le moment de l’année tant attendu par certains, redoutés par d’autres. Les fêtes de fin d’année sont comme d’autres célébrations le moment de tous les excès et de tous les possibles.
Quand on y pense, on associe souvent les fêtes à une profusion de nourriture, de cadeaux, de boissons, de fêtes… Pourtant on sait déjà qu’en janvier on lira avec attention les conseils de la dernière cure detox, les nouveaux sports à tester, et les bonnes idées pour recycler les cadeaux non désirés.
Et si cette année on faisait à l’envers?
Et si on prévenait plutôt que de guérir ensuite?
Voici nos conseils pour passer des fêtes éthiques, sympathiques, et très festives !
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Du repas à la fête, en passant par les cadeaux, voici nos astuces !

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